Etude : le mode de vie influe sur l’expression génétique

ADN et Epigénétique

Durant des décennies, nous avons toujours pensé que l’ADN qui nous compose et que nous transmettons à notre descendance était fixe et non modifiable à court terme (la théorie de Darwin explique bien la possibilité de modification génétique mais sur une très longue durée (milliers d’années !))

Depuis quelques années, cette théorie est controversée. En effet, comment se peut-il que des jumeaux génétiquement identiques présentent des différences en grandissant ?

Des généticiens se sont penchés sur la question et ont étudié ce qu’on appelle ‘l’épigénétique’ : se définit comme étant la science qui étudie les modifications réversibles de l’expression des gènes, sans modifications du support génétique, c’est-à-dire l’ADN.

Ainsi, Mario F. Fraga et ses collègues du laboratoire d’épigénétique du Centre national espagnol de recherche en oncologie (CNIO), ont étudié 160 jumeaux monozygotes âgés de 3 à 74 ans. Pour mener à bien cette étude, l’équipe espagnole a coopéré avec des instituts de recherche au Danemark, en Suède, en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

 

Génétique et Jumeaux

Les jumeaux sont des bébés multiples conçus ensemble, qui se développent dans un seul utérus et naissent en même temps. Il existe deux types de jumeaux : les jumeaux fraternels et les jumeaux identiques. Les jumeaux fraternels, ou dizygotes, présentent un patrimoine héréditaire différent alors que les jumeaux identiques, c’est-à-dire monozygotes, sont génétiquement identiques.

Issu d’un seul et même ovule fécondé, les jumeaux monozygotes partagent une information génétique identique. Ils sont toujours du même sexe et présentent la même disposition de gènes et de chromosomes. Ils ont habituellement des caractéristiques physique et mentales similaires.

Les scientifiques se sont donc posé la question suivante : comment est-il possible que, chez des jumeaux identiques partageant un patrimoine génétique commun, l’un puisse développer un trouble bipolaire par exemple, et l’autre pas ? Ou : chez deux soeurs jumelles présentant la même altération du gène BRCA1, comment l’une peut-elle développer un cancer du sein à l’âge de 25 et l’autre pas avant 70 ans?

Diverses explications peuvent être avancées pour ces observations, dont l’une est l’existence de différences « épigénétiques », à savoir des différences, non pas au niveau de l’ADN mais au niveau du mode d’expression des gènes.

 

Les recherches

Les recherches ont ciblé deux mécanismes biologiques qui influencent l’activité des gènes. Dans le mécanisme de méthylation de l’ADN, les enzymes présents à l’intérieur de la cellule accrochent une minuscule molécule à un gène en vue de le désactiver. Le second mécanisme, « l’acétylation d’histones », vise à réactiver un gène dormant.

Ces données génétiques modifiées peuvent être biochroniques – mais ne sont pas transmissibles à la descendance – et avoir un impact non négligeable si, par exemple, le gène désactivé est un gène ayant un effet protecteur contre le cancer.

Parmi les jumeaux plus âgés du groupe d’étude, des différences significatives de l’expression génique ont été relevées dans 35 pour cent des cas.

Autre découverte qualifiée de révolutionnaire par les scientifiques : les profils épigénétiques de jumeaux élevés séparément ou ayant eu des vies très différentes – sont ici considérés les habitudes nutritionnelles, l’historique des maladies, l’activité physique, la consommation de tabac, d’alcool et de médicaments – diffèrent plus que ceux de jumeaux ayant vécu ensemble plus longtemps ou ayant partagé des environnements et des expériences similaires. Ils ne vieillissent pas de la même manière.

 

Conclusion

Notre génôme, transmis par hérédité, ne nous fige pas dans une situation de vie. En effet, notre mode de vie (alimentation – activité physique – tabac etc.) peut modifier l’expression de nos gènes. Voila une belle motivation pour rester acteur de notre santé tout au long de notre vie.

 

 

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