Un marcheur découvre un chemin oublié de compostelle!

La Via Garona… chemin retrouvé par un marcheur !

 

La Via Garona, qu’est-ce ?

« Via Garona, un nouveau chemin de grande randonnée reliant Toulouse à Saint-Bertrand de Comminges sur 170 kilomètres balisés ouvrira cet été. On marchera sur les traces des pèlerins d’autrefois qui empruntaient cette route pour se rendre Saint-Jacques de Compostelle.

Le samedi 1er juillet une centaine de marcheurs partiront de la place Saint-Sernin pour rejoindre Saint-Bertrand-de-Comminges à pied, en sept étapes. Ces randonneurs vont inaugurer la Via Garona, un nouvel itinéraire de 170 kilomètres, balisé et sécurisé, qui suivra le fleuve Garonne et traversera le département.

Une grande première, pressentie comme un des événements majeurs de la saison touristique en Haute-Garonne. En effet la Via Garona n’est pas seulement l’avènement d’un nouveau chemin de grande randonnée, le GR 861, c’est aussi la renaissance d’une voie naturelle empruntée du Moyen-Age à la Révolution par les pèlerins qui se rendaient à Compostelle en passant par le piémont pyrénéen ! »

Une découverte par un marcheur !

« C’est un passionné de randonnée, très érudit sur les chemins jacquaires, Jean-Marc Souchon qui est à la genèse de ce beau projet. Ce marcheur chevronné a prouvé l’existence d’une ancienne voie de pèlerinage dans la vallée de la Garonne ! 

La Via Garona suit, grosso modo, le tracé d’un ancien chemin jacquaire emprunté depuis le Moyen-Âge» confirme l’Acir Compostelle. «Ce chemin a une dimension patrimoniale et humaine. Sa qualification dans les chemins de Compostelle est une reconnaissance culturelle».

 

Interview J-Marc Souchon, Le découvreur de Via Garona, marcheur…

«Pendant six siècles des pèlerins sont passés par là»

« Comment avez-vous découvert ce chemin méconnu de Compostelle, le long de la vallée de la Garonne ?

En 2012 j’ai fait le parcours entre l’Allemagne et Compostelle, durant quatre mois. À mon retour, en potassant sur les Chemins j’ai découvert l’existence d’une voie de pèlerinage entre Toulouse et Saint-Bertrand de Comminges dans le livre de Domenico Laffi, un célèbre pèlerin italien du XVIIe siècle qui décrit son voyage à pied le long de la Garonne en 1663 et 1673. Il raconte qu’il traverse le Pont Neuf à Toulouse et traverse Saint-Gaudens, «sur une agréable colline, une ville commerçante et une place forte ceinturée de murailles et de fossés», dit-il. Je me suis passionné, j’ai passé beaucoup de temps aux archives départementales et trouvé énormément d’éléments historiques qui montrent que du XIe siècle à la Révolution des pèlerins empruntaient cette voie pour rejoindre le piémont pyrénéen, se diriger ensuite vers Saint-Jean-Pied de Port ou traverser les montagnes par les hauts ports des Pyrénées centrales. Il existe de nombreux témoignages de passage de pèlerins. Les arts y ont aussi circulé comme en témoignent les sculptures de la collégiale de Saint-Gaudens à la fois liées à Saint-Sernin et à d’autres églises du Camino Francés. Cette région était très singulière par sa forte dévotion à saint Jacques avec 28 confréries dédiées dont celle de Muret, une des plus anciennes de France.

Qu’y a-t-il à voir le long de la Via Garona ?

Lorsque je suis parti en repérage, j’ai trouvé que cette voie était magnifique et naturelle. Ce chemin est plus beau que d’autres parties sur les voies principales de Compostelle. En cheminant sur la Via Garona, parfois on longe la Garonne et on est plongé très rapidement après Toulouse dans une nature sauvage. A d’autres endroits le chemin grimpe sur des coteaux d’où l’on découvre des panoramas splendides sur le fleuve avec la chaîne des Pyrénées en toile de fond. On peut alors imaginer ce que ressentaient les pèlerins qui se dirigeaient vers ces montagnes. Il y a une très belle dramaturgie avec cette barrière naturelle qui se rapproche. Il y a des étapes fortes, comme le pont de Lajous et la cathédrale de Rieux-Volvestre, de beaux moments avec la chapelle de Saint-Amans dominant la Garonne à Muret, Palaminy et son château, l’abbaye de Bonnefont… On découvre ou redécouvre aussi des petites localités. L’arrivée sur la basilique romane de Saint-Just de Valcabrère et la cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges sur sa colline est grandiose. »

Recueilli par Sylvie Roux

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