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Cheminement automnal ! Partie 1

il y a 12 minutes
5 min de lecture

Les jours qui raccourcissent nous incitent à retrouver le plaisir de la lecture. Pourquoi ne pas en profiter pour joindre l’utile à l’agréable et découvrir, au fil des pages, ce que la marche peut apporter à notre corps comme à notre esprit ?

En juin 2026, le magazine Sciences et Avenir a consacré un dossier de 18 pages à la marche et à ses multiples bienfaits. Un dossier qui explore, parfois de façon surprenante, une activité pourtant si familière, et nous invite à regarder autrement ce geste simple que nous accomplissons chaque jour.


L’article principal présente la marche comme un « moyen simple d’améliorer sa santé globale ». Il explique qu’en effet, la pratique de la marche réduit la mortalité liée aux accidents cardio-vasculaires, avec un effet « dose » : plus on marche au quotidien ou à chaque sortie, plus les bienfaits physiologiques se font sentir. De plus, les effets sont démultipliés dès qu’on ne marche pas que sur du plat. Différents terrains (à plat, en montée ou en descente[i]) ont des actions bénéfiques variables, il est possible d’agir sur l’équilibre ou la perception du corps dans l’espace et de réduire la douleur ou le risque de diverses maladies. Au-delà du nombre de pas effectués par jour, le rythme joue un rôle également important dans la prévention. La marche peut être pratiquée par tous : les personnes avec des maladies chroniques, les personnes âgées mais également les femmes enceintes. Elle est donc nécessaire à la santé, mais comme il s’agit d’une entrée dans l’exercice physique, il est conseillé de « varier les allures et les activités » et de « se faire plaisir pour bouger autant que possible ».


Le deuxième article passionnant met en lumière l’interaction permanente entre l’appareil musculaire et le cerveau qui « contribue à réguler les émotions et le stress » et « pourrait exercer un effet anti-inflammatoire » précieux dans la lutte contre « l’inflammation silencieuse », de plus en plus associée aux troubles anxieux et dépressifs. L’absence d’exigence comme dans la course à pied, qui offre un soulagement par le vide, maintient une zone de réflexion éveillée qui favorise la créativité. Plus surprenant, cette pensée libre ne favorise pas la rumination grâce au balayage visuel latéral dont le mécanisme serait proche de l’EMDR. L’EMDR ou déconditionnement émotionnel par les mouvements oculaires (d’après l’anglais eye movement desensitization and reprocessing) est une psychothérapie utilisant les mouvements des yeux comme stimulation sensorielle pour obtenir la disparition de tout ou partie des symptômes d’un patient liés à des évènements traumatiques de son passé. La marche permet au cerveau de faire le tri ! En abaissant le taux de cortisol, une marche tranquille ou modérée régule le stress, induit une sensation de relâchement et « relancerait la production des neurotransmetteurs de l’apaisement et de la motivation ». Enfin, « la marche soigne par son rythme ». « Elle agit comme un métronome pour le système nerveux ». « En marchant au même pas qu’un autre, le patient sort de son isolement sans même avoir besoin de parler ». « Cet effet est dopé par la musique » comme nous l’avons vu dans la lettre d’août 2026 (En avant… Marche ! 1… 2 ! 1…2 !) !


Le troisième article revient sur la règle des 10 000 pas et l’origine japonaise de ce concept, aujourd’hui abandonné. La revue The Lancet Public Health a publié en juillet 2025 la plus vaste étude sur le sujet et conclut que « 7000 pas par jour sont associés à des améliorations cliniquement significatives des résultats en matière de santé et pourraient constituer un objectif plus réaliste et réalisable pour certains ». Mais les choses ne sont pas aussi simples et il semble que la marche soit « bénéfique, quelle que soit la distance et sans effet palier ». La réduction du risque de mortalité s’observe chez les personnes qui ne marchaient quasiment pas et qui s’y mettent un peu. « Mieux vaut encourager les gens à marcher un peu plus qu’ils ne le font déjà, en tenant compte de leur état de santé et aussi de leur disponibilité » résume le Pr Martine Duclos, cheffe de service de médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand. En conclusion, il faut oublier les chiffres et les objectifs et marcher dès qu’on le peut, comme on le peut !


L’article suivant porte sur les bénéfices de la marche sur l’économie en s’appuyant sur une étude de l’Ademe (Agence de la transition écologique) : l’ampleur des trajets à pied, en incluant « la marche intermodale » (« pour rejoindre sa voiture ou l’arrêt du bus), celle effectuée chez soi, au travail ou dans l’espace publique ainsi que les promenades » est supérieure à celle des trajets en voiture. Les bénéfices socio-économiques de la marche à l’extérieur (qu’il est possible d’influencer par les politiques publiques) sont importants : réduction des dépenses de santé, des dépenses de voiries et plus étonnant, gain de productivité chez les actifs ! La marche représente également un gain pour les commerces de proximité. Pour augmenter la part de nos trajets extérieurs, l’agence suggère de rendre plus sûrs et plus agréables les déplacements et de créer des occasions de marcher en rapprochant les commerces et les services publics des habitations et des lieux de travail.


Enfin, le dernier article invite à repenser les chaussures utilisées pour la marche. Les chaussures modernes « modifient la façon de marcher, […] conduisant à des altérations de nos muscles, de nos nerfs et de nos articulations. L’attaque par le talon n’est pas physiologique et génère des microchocs qui se propageront dans la chaine ascendante : cheville, genou, hanche et […] cerveau ». « Toute une norme culturelle centenaire [à] remettre en cause ! »


Les différents témoignages et encadrés sont tout aussi passionnants :

·       L’explorateur Jean-Louis Etienne explique en quoi il s’agit d’un « merveilleux outil de liberté ».

·       Un encadré invite ensuite à ne pas confondre inactivité et sédentarité et précise qu’il est possible d’être un sportif sédentaire.

·       Clémence Beretta, qui a participé aux Jeux Olympiques de Paris en marche rapide, témoigne de sa pratique et de l’équilibre qu’elle recherche entre performance et écoute de soi.

·       Le docteur Bernard Auvinet passe en revue les principales maladies qu’il serait possible de détecter par l’analyse de la marche.

·       Sarah Marquis, exploratrice, nous montre à quel point la marche nous « offre une incroyable harmonie avec la nature ».

·       Une pratique en vogue outre-Atlantique, la thérapie par la marche et la parole, est une nouvelle approche thérapeutique contre la dépression et l’anxiété qui sort praticien et patient du cabinet.

·       Étienne Klein, physicien et philosophe des sciences, nous emmène dans une balade philosophique en expliquant en quoi la marche contesterait le principe d’inertie de Galilée.

·       Blandine Pluchet, physicienne et autrice, pratique la marche et nous raconte comment elle l’utilise dans ses deux activités d’autrice et de scientifique.

·       Jacques Tassin, écologue et auteur, nous explique en quoi la marche fait partie de son processus de recherche et « permet d’éprouver une forme d’unité avec le vivant. »

·       Différents encadrés nous montrent comment la marche s’accélère en zones urbaines, se penchent sur les effets inversés de la marche en forêt ou en ville (cette dernière aurait tendance à aggraver un peu l’anxiété) et évoquent le rôle du chien et de ses promenades quotidiennes dans l’espérance de vie.

Nous ne pouvons que vous encourager à vous procurer ce numéro de Sciences et Avenir consacré à un sujet aussi familier, en apparence !

 

Marie-Pierre Gérard.

 

[i] D’ailleurs, la qualité des sols joue également un rôle important.


Source : Juin 2026, magazine Sciences et Avenir 

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